Blog du Programme d'Action 2030

"Dix petits grains de terre" : Nous sommes vos voisins


Resident Coordinator, Ana Patricia Graça, speaks outside a neighbourhood with young artists.
Légende: A Cabo Verde, la Coordonnatrice résidente Ana Patricia Graça échange avec de jeunes artistes.
Photo : UN Cabo Verde

Un poète et compositeur du nom de Jotamont a écrit que les îles de Cabo Verde étaient "dix petits grains de terre" au milieu de l'Atlantique : Cabo Vede est un petit archipel situé à 500 kilomètres au large de la côte ouest de l'Afrique.  

Dix petits grains de terre. 

Depuis la côte, quelle que soit l’île où l’on se trouve, lorsqu’on regarde au loin, on voit l'océan à perte de vue.  

Un peu plus de 550.000 personnes vivent sur ces îles et un million d'autres résident à l'étranger.  

Le pays dispose de peu de ressources naturelles, dépend fortement des importations et est soumis à des épisodes de sécheresse extrêmes et à d'autres chocs climatiques. Un quart de son produit intérieur brut (PIB) est composé des recettes du tourisme et près de 10 % du PIB provient de l’argent envoyé par les travailleurs résidant à l’étranger.  

Les Nations Unies se sont tenues aux côtés de Cabo Verde tout au long des 45 années d'indépendance du pays. La sécurité alimentaire y a été renforcée dans les années 1980. L'indépendance en matière de vaccination a été réalisée dans les années 1990, permettant au pays de ne plus dépendre de l’ONU ni de Gavi, l'Alliance pour les vaccins, pour l'achat de vaccins. Aujourd’hui, Cabo Verde est en bonne voie pour la certification de l'élimination de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. L’accès à l’éducation et à la protection sociale augmentent eux aussi.  

Grâce à ces avancées et à d'autres encore, Cabo Verde est devenu, en 2008, le troisième pays à passer du statut de pays le moins avancé à celui de pays à revenu intermédiaire inférieur. Mais avec la COVID-19, les recettes publiques devraient diminuer de 25 % et le chômage doubler. La récession frappe les plus vulnérables, mettant en péril des décennies de progrès en matière de développement. 

La crise sanitaire due à la pandémie ayant porté un coup dur à l'économie du pays, l'Équipe de pays des Nations Unies à Cabo Verde a rapidement mis en branle ses moyens d’intervention d’urgence, conseillant le gouvernement, reprogrammant plus de la moitié de son plan de travail conjoint annuel de 17 millions de dollars et mobilisant 6 millions de dollars supplémentaires pour mettre en œuvre une réponse immédiate à la crise, afin de sauver des vies et de soutenir l'économie. L’ONU, la Banque mondiale et le gouvernement ont conduit une première évaluation de l'impact socio-économique (SEIA) de la COVID-19, à laquelle ont participé d'autres entités telles que la Banque africaine de développement et l'Union européenne. Cette évaluation a servi de base pour l’élaboration d’un Plan national d’intervention et de relèvement (NRRP) visant à guider la réponse à la pandémie.  

Durant la crise et avec l’appui de l’ONU, plus de 7.000 enfants de moins de 12 mois ont reçu une troisième dose du vaccin DTP ; 700 agents de santé communautaires ont fait fonctionner les services de santé essentiels ; plus de 65.000 enfants ont pu poursuivre leur scolarité grâce à l'enseignement à distance ; 25.000 enfants ont reçu des repas à domicile et plus de 100.000 personnes ont reçu de l’argent.  

Nous avons accompli beaucoup grâce à un partenariat solide avec le gouvernement, la société civile et la communauté internationale, mais nous devons encore relever d’importants défis dans ce petit État insulaire en développement durement touché par la COVID-19. Nous devons réduire le coût de l'énergie et de l'eau. ; rendre notre économie plus verte et plus bleue et placer l’être humain au premier plan dans le processus de relèvement pour obtenir de meilleurs résultats ; créer un meilleur avenir pour les jeunes du pays.  

De la même manière que Cabo Verde a bénéficié de l’appui de l’ONU, il contribue également aux activités de l'ONU, servant d’exemple en matière de coopération Sud-Sud et de pays pilote pour la conduite des réformes de l’ONU. En 2005, Cabo Verde est devenu le seul bureau conjoint de l’ONU à accueillir trois entités (PNUD, FNUAP et UNICEF) travaillant sous la direction d'un seul chef, avec une équipe unique chargée d’exécuter les mandats des trois agences. Nous espérons que ce bureau, qui est toujours aussi dynamique aujourd'hui, sera une source d'inspiration pour d'autres petits pays insulaires en développement souhaitant maintenir une forte présence de l’ONU, si essentielle pour les petits États insulaires. En 2008, nous avons été parmi les huit premiers pays à piloter l'initiative "Unis dans l’action" de l’ONU. Cabo Verde a par ailleurs été l'un des premiers pays à adopter UN INFO, un dispositif permettant de suivre la manière dont l’ONU aide les gouvernements à atteindre les objectifs de développement durable. Il a également été l'un des premiers pays à s'engager dans la mise en œuvre d’un cadre de financement national intégré.  

Tout ce travail peut paraître technique, mais l'objectif est de faire en sorte que l’ONU fonctionne de la manière la plus efficace possible pour que le pays atteigne les objectifs de développement durable. Et pas seulement pour le bien de ces "dix grains de terre" perdus dans l'océan, mais bien pour le monde entier.  

Le pays étant situé au milieu de l'Atlantique, entre l'Europe et les Amériques, on peut se sentir isolé géographiquement, à Cabo Verde, mais le pays a beaucoup à offrir à l'Afrique et au reste du monde.  

En cette année de célébration du 75ème anniversaire des Nations Unies, la crise actuelle nous rappelle une fois de plus que nous sommes tous liés les uns aux autres sur Terre. La planète entière est une île, en définitive. Nous sommes tous voisins et nous devons aller de l'avant, unis et solidaires.